Denis DIDEROT
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Teatro naturale ? Moi, le couscous et Albert Camus

mardi 17 janvier 2017, par M. Usseglio, professeur d’italien

PROPOSITION THEATRALE ICONOCLASTE
Moi, le couscous et Albert Camus

Teatro naturale ? Teatro delle Ariette

Théâtre culinaire autobiographique

A la Friche Belle de Mai le jeudi 14 janvier 2017

Teatro naturale ? Moi, le couscous et Albert Camus

Etre convive(s) aux tables de la Friche en même temps que spectateur… Voilà la belle proposition du Théâtre Massalia en ce début d’année 2017 … Une belle manière de souhaiter les vœux à Antoine, Lilian, Laure, Jade, Luana ...du lycée Diderot.

Ce moment insolite et savoureux qui nous a été proposé par Fanette Therme du théâtre Massalia invite le public autour de la table pour consommer de l’amour, de la cuisine, du désir et de la littérature… Enfin l’idée étant de partager un peu de ce qui nous rend universel.

La représentation se termine par la dégustation d’une petite assiette du couscous préparée pendant le spectacle.

Teatro Naturale ? Moi, le couscous et Albert Camus est un récit initiatique à travers la rencontre, les découvertes de l’autre, de défaites en voyages, dans l’arc Méditerranéen de Bologna à la France, à l’Espagne, à l’Algérie. Formation d’un jeune homme parti d’Italie à dix sept ans, en 1978 à la découverte de la France, accueilli par une famille de réfugiés républicains espagnols passés par l’Algérie.

Ce jeune homme, confie Stefano Pasquini, c’est lui, découvrant le temps d’un été, l’amour et un demi-siècle de culture et d’histoire du Mare Nostrum. L’amour ouvrant les chants de la perception et des goûts : du couscous, on fait sien « L’Étranger » d’Albert Camus : «  livre qui a changé sa vie et l’a mis face à l’éternel conflit entre l’homme naturel et l’homme social (d’où le titre…). »

L’assiette du couscous avait les fragrances des Madeleines Proustiennes….

Stefano, Paola sua moglie e l’amico Maurizio
nous ont proposé un banquet au couscous un peu extravagant mais éminemment sympathique sur la scène endimanchée du Studio de la Friche Belle de Mai. Le teatro delle Ariette fait du théâtre pour tout partage.

Bon ce n’est si facile de raconter des histoires d’hier tout en faux-fuyants, enfin en se remémorant le passé (le sien mais si loin de soi qu’il en devient celui d’un autre) quand ? quand la découverte de l’amour sur fond d’impressions obscures de la mémoire,
le tout en grignotant deux Tarali et en sirotant une goutte de vin.
"Le temps ne passe pas, le temps reste" nous dit Stefano, nous promettant d’être sincère mais aussi mentir car n’est- pas dire parfois plus que la vérité ».
A l’appui et pour preuves -l’ennui plutôt que le regret-, Lorsque l’acteur italien s’adresse au public afin que ce dernier devine son âge :
« Le temps le/ nous rappelle à son action dramatique ».

Alors, pour oublier l’ injustice vécue de « ceux qui passent », vaut mieux laisser filer le théâtre. En coupant -gestes si athlétiques aux mouvements de l’âme- les légumes, loin des trahisons assumées de fausses cultures des Masterchef en autres one man show apathiques et indifférents… ainsi les mots et les ingrédients réagissent, partagent les saveurs, le bruit et les gestes.

De tout ce road movie méditerranéen qui parle de « l’amour inventé par les femmes
et que les hommes ne comprennent pas » ou si peu, le fil conducteur, c’est Albert Camus et son livre L’étranger. Le livre guide de l’existence du narrateur en proie à ce sentiment qu’est l’amour, si insolite, si iconoclaste qui ressemblait à la peur de Marie, cette dernière tant voulue et désirée.

Avec le teatro delle Ariette, le couscoussier devient une piscine, Meursault, toujours un peu à côté, se promène entre les tables dressées pour le public servi-ultime privilège- par les comédiens. Le chaud soleil d’Algérie croise les ruelles ombrageuses et moyenâgeuses de Bologna entre les nostalgies du non retour des exilés espagnols dans leur quêtes de ...

"Entre homme on se comprend toujours". Stefano, en compagnie de Paola et Maurizio voulait nous avertir d’autre chose... C’est chose faite .

 
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