Denis DIDEROT
Lycée
Marseille - tél : 04 91 10 07 00
 

Cette année encore MM. Haro, Maurel et Parmentier ont amené trois jours durant (du 13 au 15 septembre) des élèves de Terminale Bac Pro Energétique (ainsi que 3 élèves de Terminale CAP Menuisiers Fabricants ) à la découverte des Alpes de Haute Provence.

Au programme : les yourtes du Camping Mandala de Prads-Haute Bléone, une randonnée de 950m de dénivelé positif, de la soupe aux orties, une nuitée en refuge d’altitude… Mais surtout, ouverture à l’autre, dépassement de soi, goût de l’effort, sens du collectif.

Le déluge qui s’est abattu sur Prads-Haute Bléone le mardi 13 a certes inondé les yourtes mais n’a pas douché l’enthousiasme de nos jeunes citadins qui, après avoir pris possession de leurs pénates d’un soir (chalets secs) se sont attelés à la confection du pique-nique du lendemain.

Une fois les (délicieuses) spaghettis bolognaises (préparées par le trio d’accompagnateurs) englouties, les campeurs d’un soir ont fait la vaisselle avant de participer à un grand quizz (organisé par le trio d’accompagnateurs) par équipe qui leur valut bien des fous rires (et accessoirement un petit cadeau offert par les 3 fantastiques).

Le lendemain matin, la petite troupe effectua un réveil musculaire orchestré par M. Haro, puis se mit en route vers l’objectif du jour : amener notre mascotte (la balle TRAP que vous pourrez admirer sur le bureau de M. Maurel) au Refuge de l’Estrop ! Guidée par M. Maurel, la colonne de randonneurs traversa sous-bois et pierrailles, franchit rivières et raidillons d’un pas alerte tout en respectant le rythme de chacun (même celui de M. Parmentier qui fermait la marche). Déjà la solidarité n’était plus un concept, mais prenait corps lorsque le sac trop lourd pour le dos d’un élève, vola d’épaules en épaules jusqu’à ce que la troupe passe le périlleux Pas de la Piche et débouche sur les Alpages, accueillie par les sifflements aigus et admiratifs d’une colonie de marmottes. Au bout de 3 heures de marche, fourbus mais heureux, à quelques centaines de mètres du refuge, assis au bord de la Blèone, nos marcheurs dévorèrent sandwiches, barres céréales, pommes et compotes. Heureusement que le troupeau de moutons que nous voyions au loin, paissait sur le flanc opposé de la montagne, car nombre de gaillards eussent été tentés par une côtelette grillée et ainsi de continuer à leur faire la fête en ce lendemain d’Aïd El Kébir.

Olivier et Johanna, les responsables du refuge, après nous avoir accueillis chaleureusement nous présentèrent les lieux, nous rappelant les spécificités de la vie en altitude (2050m), coupée du monde motorisé. Nos élèves ont été sensibles à l’économie d’électricité (panneaux solaires), à la gestion de la nourriture, au tri des déchets mais surtout au fait qu’il n’y avait pas de… réseau téléphonique !!! Adieu sms, snap, facebook, alertes et appels… bienvenue dans un monde que seul M. Parmentier a connu dans sa jeunesse !

La perspective de capter au sommet du Col de Chabrières (2532m) fut suffisamment motivante pour que toute cette petite troupe, après un repos d’une heure, délestée de ses sacs (sauf M. Maurel, le berger des Alpes qui transportait eau et goûter pour tous) partit à l’assaut des sommets (sous un ciel menaçant, mais qui selon Olivier, guide de haute montagne, devait le rester jusqu’à la nuit…). Certains (dont un accompagnateur dont nous tairons pour une fois le nom) avaient des chaussures de plombs, d’autres un coffre de marathonien, d’autres encore des ancêtres Andins. Quant aux CAP, le sigle MF semblait signifier MouFlon tellement grimper semblait facile pour eux.

Nous arrivâmes tout en haut, dominant les vallées.

Nous arrivâmes tous en haut, non sans avoir su dépasser nos limites.

M. Haro, avait remobilisé les troupes, à mi-chemin, en mettant l’accent sur le collectif, la solidarité et le goût de l’effort. M. Parmentier (le souffle court) les avait harangué avant la dernière (énorme) difficulté, rappelant le caractère ontologique de la soif de découverte, du dépassement de soi et des obstacles. M. Maurel leur avait promis, non des châteaux en Espagne, mais du chocolat et du réseau alors que le chemin de randonnée se transformait en mur d’escalade.

Fi de la peur du vide, de l’orage naissant, des jambes lourdes ou des pieds ampoulés (comme le style de cet article). Nous l’avons fait ! et accessoirement nous pûmes nous servir de nos portables car il y avait du réseau !

La descente fut, pour certains un jeu d’enfants, pour d’autres un chemin de croix inversé… mais nous nous retrouvâmes tous au refuge pour une nouvelle épreuve, la plus terrible : la douche à l’eau glacée ! Tout le monde y passa (certains utilisant celle située… à l’extérieur) puis se regroupa dans la salle commune autour d’un soda offert par les 3 Fantastiques, (peut-être la Femme Invisible les rejoindra-t-elle l’année prochaine… Mme Viviers, vous laisserez-vous tenter ?) avant le repas. Deux grandes tablées étaient dressées car neuf randonneurs plus âgés (plus même que M. Parmentier) partageaient le refuge et le repas avec nous. Cela permit à certains de découvrir la soupe aux orties (tout le monde eut la politesse de finir son assiette, nombreux furent ceux qui se resservirent), la polenta et son pistou d’herbes sauvages et pour finir une tarte aux pommes sur laquelle trônaient les dernières framboises fraîches de la saison, le tout confectionné par Samuel, le Master Chef du Refuge.

La soirée s’acheva par un spectacle musical dont la tête d’affiche fut M. Haro (et sa guitare) . Au programme : Francis Cabrel, U2 et Tracy Chapman (notamment). Enzo (TPFCA) nous régala de quelques morceaux andalous, accompagné d’Alvaro (TPFCA) au chant. Tanzilou et Madjiri (TMF) nous gratifièrent d’une de leur chorégraphie mêlant coupé/décalé et hip-hop, sous l’œil éberlué des vieux randonneurs. Ce soir-là, haut dans la montagne, nombreux préjugés furent mis à mal, bien des clichés furent déchirés et comme le dit Gérard, un des « vieux » nous convînmes tous que : « c’est pas compliqué d’être heureux ».

Tout le monde goûta à un repos bien mérité (1900 m de dénivelé dans la journée tout de même !) dans un dortoir joyeux mais apaisé. L’orage du siècle prédit par Olivier ne nous tomba pas sur la tête et c’est reposé que nous nous levâmes le lendemain.

En distribuant le pique-nique Olivier tint à féliciter les élèves. En plus de dix ans il n’avait jamais eu un dortoir aussi propre (pas de déchet, couettes pliées…). Après la traditionnelle photo souvenir, nous repartîmes en file indienne, jetant un dernier regard admiratif aux sommets, lieux de nos exploits passés (et futurs).

La descente se fit en un temps record (2h 30) et aurait pu s’effectuer encore plus rapidement si Thomas (TPMSEC) ne s’était donné une entorse à la cheville à quelques encablures de l’arrivée. Là encore, solidarité, entraide, collectif, amitié, ne furent pas de vains mots. Chacun (Alvaro surtout !) porta Thomas sur ses épaules, chacun portant tour à tour le matériel du blessé.

Arrivés au camping, une partie de foot s’organisa en attendant le car.

Le retour se fit dans le calme et… avec du réseau… Mais surtout des souvenirs plein la tête.

Un grand merci aux élèves pour leur enthousiasme, générosité et comportement exemplaire.

Un grand merci aux accompagnateurs, les Riri, Fifi et Loulou du lycée Diderot (si beaux dans leur tenue noir et jaune fluo !)

Merci à l’équipe de Direction et à l’équipe de l’Intendance pour leur souplesse, leur disponibilité et leur soutien.

Nous n’oublierons pas M. Gallo sans qui ce projet n’aurait pas pu voir le jour.

 
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