Denis DIDEROT
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LE CHAABI COURT LES VEINES

vendredi 20 décembre 2013, par M. Usseglio, professeur d’italien

LE CHAABI COURT LES VEINES

L’autre vendredi nous a proposé une Matinée spectacle autour du CHAABI, cette musique aux racines de la culture populaire Algérienne. Anne Vassiltchikoff et Stéphane Pernice ont animé la prestation. Deux musiciens les accompagnaient : Imad Mohdi aux percussions et Kamel Boukrine au mandole et au banjo Algérien. Le luthier Madjid Lahlou complétait ce groupe expert, tous partenaires au cœur de l’association « à Cordes et à Cœur ». La conférence musicale a été suivie d’un film documentaire « El gusto ».

Plutôt que de proposer un discours exhaustif sur les tenants et aboutissants de cette musique (je n’en suis pas spécialiste hélas !), je vous propose une autre déambulation faites de sensations mais surtout d’impressions, vite fait sur l’œil et à l’oreille…

Le Chaâbi court les veines.
On s’y joints dans une seule gamme
Il s’accorde dans nos désaccords
Puis s’évade ; alors il démarre
Sur des chemins de relance
Vers là où la musique mène.

Le Chaâbi court les veines.
Ses rythmes de saccades
Evoquent l’eau des rivières
Dans les oueds cruels,
Cruels de soif
Et repus d’âmes torrentielles.

Le Chaâbi court les veines.
Le vent page ses lignes
Quand à ciel ouvert,
On le perd dans les failles.
Son air pur et mélodique
Se renfrogne dans nos batailles.

Le Chaâbi court les veines.
Un cri perché, le cri
D’une douleur sourde,
Qu’insuffle aux notes
Les frêles hommes
En nostalgies et en tonnes.

Changement de rythme
Virée d ‘envies
Le Chaâbi court les veines.
Et s’enivre de Derbouka…
Allez, il n’y a qu’un pas ;
Le Chaâbi court nos veines.

De Tlemcen, le chant s’envole
Sur des harmonies veillant 1000 ans,
Sur l’amour qui respire,
Puis l’amour qui se marre.
Quand l’amour se danse
Le Chaâbi court les veines.

Le Chaâbi court les veines
L’oud tient la corde
Et le bourdon mène la chasse.
La terre aride s’efface
Aux pas cassants des caravanes
Sous un soleil peinant.

Les berceuses s’enchantent
Et dans les veines de l’hiver ;
Le Chaâbi et Malika, fille
De toutes les Algérie,
Fredonne tous ses fruits
Poussant au revers des saisons

Le Tar laisse entrevoir
La belle Salomé,
Et le Vieil Hérode envouté.
Sa tignasse côtoie, échevelée,
Le Moyen Age dans l’antiquité
Le Chaâbi court les veines.

Panique des hanches balancées,
La promenade devient hirsute
Sous le soleil des brisés.
On implore Dieu
Dans des prières dispendieuses
Le Chaâbi court les veines.

La morale, la leçon, l’histoire
Le Chaâbi court les veines.
Le silence les convoque
Dans les interstices,
Quand l’oud, encore, s’offre
Aux accents des mandolines.

Chapardeur et écervelé,
Effréné sur un premier d’avril
Se mourant à jamais…
Sinueux du temps qui passe
Pas dupe de nos transes…
Le Chaâbi court nos veines.


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