Denis DIDEROT
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RENCONTRES CAPITALES BARBARA HENDRICKS et Ceux qui changent le monde Grand Auditorium du Palais du Pharo Vendredi 15 Novembre 2013

jeudi 21 novembre 2013, par M. Usseglio, professeur d’italien

Dans le cadre des "Rencontres Capitales" au Palais du Pharo, les élèves de Diderot ont assisté vendredi 15 novembre, à deux conférences sur les innovations et la façon dont elles changent notre société ainsi qu’une éducation à la paix et la tolérance. Les principaux intervenants étaient Laurent Lantieri, André Brahic, Henri Atlan, Denis Attal et Eric Scherer, Marcel Rufo, Susan George…
A l’issue des conférences, nous avons eu la chance d’avoir un entretien avec Barbara Hendricks. Les élèves de 1ES, accompagnés d’élèves d’Arts Appliqués et de TL, avaient préalablement préparé leurs questions. Les échanges ont porté sur son engagement auprès des réfugiés, et sur les moyens qu’ont les personnes (connues ou pas) de changer le monde.
Ce moment partagé a été très émouvant pour Lobna Hammami, Stephane Pernice et tous nos élèves ( je m’inclus ovviamente dans cet indicible plaisir) ; Barbara Hendricks s’est montrée à l’écoute des élèves et très accessible. Elle a terminé en nous interprétant du blues...
Strange fruit … quand tu nous tiens

ALORS ALORS JE VOUS RACONTE UN PEU CES....

RENCONTRES CAPITALES, Ceux qui changent le monde, Barbara Hendricks.
Grand Auditorium du Palais du Pharo Vendredi 15 Novembre 2013

Le ciel était de grisaille ce vendredi matin de novembre. Toutefois, Ces turbulences ne perturbaient en rien la beauté du site Phocéen, dans un panoramique vertigineux de Caro aux Calanques, le Vieux Port à nos pieds.

Nous étions là, élèves et enseignants du lycée Diderot pour assister à ces Rencontres capitales,
pour philosopher sur le monde de demain, sur sa capacité à répondre aux nouvelles sollicitations positives ou pas qui attendent l’homme de demain…Colloque annonçant un nouvel Humanisme pour certains, d’autres plus prudents s’interrogent sur les aspects à mettre en œuvre pour sauver l’humanité, du court terme au moyen terme.

La journée se déclinait autour du programme suivant

11h 13h le thème choisi était « Peut-on créer une éducation à la paiX et à la tolérance ?
Pour disserter : Monique Canto-Sperber (philosophe), Darline Cothière (qui s’occupe des journalistes menacés de mort dans le monde), Susan George (présidente d’honneur d’Attac), et le pédopsychiatre Marcel Rufo)

14h – 15 h 30 Quelles sont les innovations qui vont changer nos vies ?
Pour s’entretenir du futur : Henri Atlan, Denis Attal, André Brahic, Laurent Lantieri, Eric Scherer


16 h BARBARA HENDRICKS

Pour clôturer la journée, le lycée Diderot a été choisi avec un autre établissement pour engager une conversation avec la célèbre chanteuse d’opéra et de blues aujourd’hui, représentante de l’ O.N.U pour le Haut Commissariat aux réfugiés

Le matin 23 élèves de TL ont participé au débat ; l’après midi une quinzaine de 1ES et quelques élèves de Design

Tout ce petit monde s’est retrouvé le soir à converser avec Barbara dans une salle qui n’aurait pas déplu aux réunions secrètes des Templiers quelques siècles auparavant.

Eléments de langage intelligibles et intelligents
Quelques phrases qui font mouches et qui ont traversé notre journée prospective…
D’abord, la philosophie et son terrain de jeu de demain.
« AVANT LES GENS ETAIENT AIMABLES ET VOUS OFFREZ UNE ORANGE »

Chacun des intervenants, à partir de sa position sociale, a voulu apporter une vision de la société à dessiner, au constat d’aujourd’hui vers l’après.
Domestiquer ses peurs, affaiblir la violence.
« On devient violent quand on ne réfléchit pas ! »
« Comment pacifier l’effet de groupe quand l’homme se meut dans le dit groupe ? »
Naissance et développement du terrorisme social : la peur de l’autre, ce Bouc émissaire qui vit alors au bout de l’ exil. VASTE PROGRAMME

Marcel RUFO porte sa réflexion sur les phénomènes d’auto-violence chez les jeunes. L’hétéro violence concerne 12% des élèves du primaire. Victimes sont les enfants en surpoids, l’Ethnie, la pauvreté, le handicap, le sexe.

« Les adolescents ne respectent plus le vieux ». Marcel Rufo cite cette phrase d’un adolescent en révolte : « Je n’ai aucune chance de m’intégrer… alors autant faire peur !!! »… Nouvelle forme d’addiction qui se décline sous la forme : « Si j’étonne –même à mes dépens, je vais être aimé »
La société qui met à toutes les sauces le mot respect en a perdu le sens profond

Nous sommes tous quelque part dans tout ça…
Alors on se doit de réagir tous ensemble !
Etre victime et rester debout, c’est cela au fond qui doit faire l’objet de la gestation sociale. Aujourd’hui, celui qui réussit dérange le collectif et celui qui vit l’échec, subit la faute individuelle.
On ne devrait plus parler d’égalité des chances mais de légaliser les chances, rajoute le pédopsychiatre.

Assez de mettre en avant la compétition oublions les winners et les loosers…
Que vive l’émulation !

Assistons demain à la Co-thérapie par l’éducation et le regard.
L’école est émancipatrice. D’abord, on ne sait rien puis, puis la source gonfle du savoir à la vertu…
Susan George est un peu préoccupée, un peu plus austère Il faudrait couturer les plaies vives de la planète, dans l’approche quantitative et qualitative du monde à la fenêtre. pour faire obstacle à la violence qui nous attend suite au réchauffement de la planète.

Mais, en peu de mots comme en 100, la paix c’est l’alliance. Et le seul chemin de la tolérance facilement assimilable, c’est l’école.

Existe-t-il encore des étrangers ? Pas vraiment, on va partout de nos jours… Alors, alors changeons de paradigme ! Tout se joue toujours

L’après midi était d’un tout autre son de cloches, d’une tout autre approche et la teneur s’accordait au palpable, au matériel, au ludique et à l’usage de demain, de la prospective à l’innovation. Laurent Lantieri, André Brahic, Henri Atlan, Denis Attal et Eric Scherer ont assuré le show, s’assurant de la réceptivité de la salle, tels de vieux briscards sur la scène (N’hésitant pas, de temps en temps, à se montrer débonnaires et cueilleurs de salle, en enchantant l’être jeune et reléguant aux calendes grecques l’être ancien….)

Les slogans et les phrases choc fusaient à l’envi :

Le numérique c’est comme l’eau que l’on boit !

L’inculture scientifique, c’est l’usage du haut au bas de la société !

Les trois mamelles de la nouvelle France : la culture, la recherche et l’éducation !

Le progrès est dangereux ? Non … le principe de précaution Oui plutôt !

Il y a dans cette France et de Navarre et d’ailleurs encore, un manque de journalistes scientifiques pour parer à l’inculture dans le domaine de la vulgarisation des sciences !

Napoléon 3 est responsable de la dichotomie entre Sciences et Lettres !

Le scientifique subit son poids en mètre cube pour remplir la papeterie administratricve de la France !

L’innovation, c’est vouloir lutter contre le consensus !

Le travail de laboratoire, c’est lutter contre le suivisme !

La culture scientifique, c’est déclarer la guerre à l’obscurantisme !

Dénonçons le conformisme entre l’information et la communication !

L’éducation : on apprend à répéter mais on n’apprend pas à penser !

Alors face à cette déferlante verbale,à ses slogans illuminés ou moins, quelques pistes :

Oublions « l’homo-tristus ». L’être humain, selon Vercors est l’animal qui n’accepte pas sa condition. Renvoyons les messagers des misères et leurs dernières mises à mort ! Annonçons la bonne nouvelle, la science y pourvoit. La France, terre de sciences et d’arts combinés est le terreau qui fertilisera la terre future.

Barbara Hendricks, cette belle et grande dame, nous a reçu dans une intimité insolite qui dénotait de la lumière de la journée. Elle sut évoquer, pour nous,simplement la lutte pour les Droits Civiques, l’histoire de son engagement, sa vision de l’Amérique de son enfance entre intolérance et espoir, la beauté du combat de celui qui lutte- anonyme ou pas- au service d’une cause qu’il croit juste…

L’engagement n’est pas une utopie, n’est même pas embarrassé d’immatérialité… Elle ne demande qu’à naître au fusil des circonstances…

C’ est plus ou moins le message qu’elle a voulu nous faire passer… que le bien est surtout là, au coin de la rue et qu’il faut savoir le saisir.

Après tout ça, il ne fallait plus que nous éclipser un peu à regret ! Le ciel était moins noirâtre en sortant du palais du Pharo… plus opiniâtre vers le beau et l’éclaircie. Les derniers représentants du lycée Diderot saluèrent leurs hôtes et cherchèrent les moyens de regagner leurs pénates, remplis de ce monde à venir qui s’invente et à inventer

Southern trees bear strange fruit
Les arbres du Sud portent un fruit étrange
Blood on the leaves and blood on the root
Du sang sur leurs feuilles et du sang sur leurs racines
Black bodies swinging in the southern breeze
Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud
Strange fruit hanging from poplar trees
Un fruit étrange suspendu aux peupliers

Pastoral scene of the gallant South
Scène pastorale du vaillant Sud
The bulging eyes and the twisted mouth
Les yeux révulsés et la bouche déformée
Scent of magnolia sweet and fresh
Le parfum des magnolias doux et printannier
Then the sudden smell of burning flesh
Puis l’odeur soudaine de la chair qui brûle

Here is a fruit for the crows to pluck
Voici un fruit que les corbeaux picorent
For the rain to gather, for the wind to suck
Que la pluie fait pousser, que le vent assèche
For the sun to ripe, to the tree to drop
Que le soleil fait mûrir, que l’arbre fait tomber
Here is a strange and bitter crop !
Voici une bien étrange et amère récolte !

1946 Abel Meeropol
afin de dénoncer les Necktie Party ( pendaison) qui avait lieu dans le Sud des Etats Unis et auxquels les blancs assistaient habillés sur leur 31. Cette chanson fut offerte à Billie Holiday au cours de sa carrière, et rencontra un immense succès lors de sa sortie.


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