Denis DIDEROT
Lycée
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Seconde 6, les orateurs

jeudi 21 juin 2018, par Mme Villedieu, professeure d’histoire-géographie

La classe de 2d6 a bénéficié cette année d’un projet proposé par la compagnie théâtrale marseillaise L’Individu intitulé "Les orateurs". Ce projet, qui s’est déroulé sur 5 séances de 2 heures a permis aux élèves de s’initier à l’art oratoire en s’appuyant sur de grands discours qui ont marqué l’histoire pour écrire leur propres textes.
La représentation a eu lieu le mercredi 30 mai devant un public attentif et bienveillant constitué de la classe de 1STMG2 et de professeurs du lycée.
Les élèves qui ont eu le courage de se produire sur scène ont su s’emparer de la parole qui leur a été donnée pour livrer des discours intimes ou engagés qui nous ont émus, amusés, attendris, interpellés, secoués.
Nous tenons à les féliciter chaleureusement et nous vous proposons de lire quelques-uns de ces discours.
Anna Villedieu, professeur d’Histoire-Géographie.
Dana Al-Hajji, Marie Salemi et Martin Kamoun, comédien·ne·s.

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Humiliation envers les femmes
Cet été, j’étais dans le bus au bled et il y avait énormément de gens, on étaient tous serrés et à un moment donné, un homme, en profitant de la situation commence à frotter une femme. De son regard j’ai remarqué qu’elle était gênée et en même temps énervée mais elle ne pouvait rien faire ni rien dire, juste le regarder de travers car elle se sentait faible dans cette situation. Il la provoque encore une fois et il recommence son action face à elle, impuissante.

Ça m’a mise hors de moi, mais comme je suis une fille, je ne pouvais pas agir. Il y avait des hommes, des pères de familles. Personne n’a réagi.

Et vous qu’ est-ce que vous auriez fait ?
A. G.
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Pensez-vous qu’il est normal que depuis 1915, et encore en 2018, les femmes soient obligées de s’épiler les aisselles pour pouvoir porter des débardeurs, s’épiler les jambes pour porter des jupes et s’épiler le maillot pour aller à la plage et plaire à leurs compagnons ?
S’épiler le maillot est devenu une mode depuis une quarantaine d’années, une mode qui entraîne une forme de pression sociale : j’ai de nombreuses fois entendu des conversations de garçons dégoûtés à l’idée que leur partenaire puisse être poilue.
Ceci dit, à côté, de nombreuses amies m’ont confié vouloir arrêter de s’épiler mais avoir peur de ne plus plaire ensuite.
Seulement 30% des femmes s’épilent le maillot pour des raisons esthétiques et pour leur envie personnelle, le reste le font pour leurs copains ou pour la propreté intime et l’hygiène. Mais sachez que les poils ne sont pas sales et que retirer ses poils de façon abusive peut provoquer des infections et maladies !
Pensez-vous qu ’un jour nous les femmes, nous pourrons assumer nos poils sans être obligées de recevoir des remarques stupides et plus ou moins violentes comme « on dirait un singe », « tu ressembles à Shubaka », « euuuh t’es pas épilée », « c’est pas hygiénique », « on dirait un homme » et encore pleins d’autres ?
Alors filles ou garçons qui voyez des poils sur vos camarades, vos enfants, vos compagnons… Ne le faites pas remarquer à la personne en question, celle-ci peut avoir choisi de les garder, ou bien ne pas avoir eu le temps de se les retirer et celle-ci peut en être très complexée.
Car sachez que de nombreuses jeunes filles souffrent réellement de leurs poils et en sont complexées, avoir des poils peut être une barrière pour une adolescente : elles n’osent pas montrer leur corps, n’osent pas aller à la mer, peuvent même très souvent être complexées devant leurs compagnons. Leur complexe est du à l’image qu’on leur donne dès l’enfance à travers des publicités et tous ce que l’on leur rétorque, on leur donne une image de la femme parfaite : pas trop ronde mais avec quand-même quelques formes, mais surtout pas un seul poil qui dépasse ! Alors dès que celles-ci en aperçoivent quelques-uns apparaître au début de l’adolescence, elles s’affolent et les retirent sans réellement réfléchir !
Chacun a une pilosité différente et il faut l’accepter et arrêter de mentir aux petites filles, aux petits garçons, et arrêter de nous mentir à nous même ! .
Peut-être faut-il tout simplement faire évoluer les mentalités. Rappeler encore et encore qu’avoir des poils est normal et propre. Surtout, partager ce message jusqu’à ce que l’on puisse faire ce que l’on veut de nos poils. Soyons libre de notre corps, épilons-nous si on le souhaite réellement et non uniquement par peur du regard des autres !
Moi même je vous parle en ayant les aisselles rasées et les jambes épilées, mais si je vous ai dit tout cela c’est seulement pour vous faire prendre conscience que chacun fait ce qu’il souhaite avec son corps, tant que ce sont ses choix et que ceux-ci lui conviennent. Et il faut cesser de toujours faire remarquer des choses stupides et blessantes pour certains.
G. B.

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Sale lesbienne.
– Regarde-la, on dirait un garçon, s’est écoeurant.
– Deux filles ensembles, je trouve ça dégueulasse.
– Sale gouine.
– Apparemment tu es lesbienne. Ne t’approche pas de moi je ne veux pas être contaminé.
– Dégage, je ne veux pas me faire violer. 
– Baise avec un homme, ça te guérira de ta maladie.
– Ne le dit à personne, garde ça secret. 
– Mais qu’est ce que vont dire les autres ? 
– C’est pas grave, tu es jeune, ça va passer, ce n’est que passager, c’est qu’une période.
– Je refuse que vous vous teniez la main en public. C’est scandaleux, dégoûtant, écoeurant !
– C’est pas possible, qu’est ce que j’ai fait pour que tu deviennes comme ça !

Ces phrases, on me les a dites tellement de fois. Que ce soit par des inconnus, des personnes que je croisais au collège, même des camarades de classe. Qui arrivaient, m’insultaient, me frappaient et repartaient, comme si c’était normal. 
Pensez vous être quelqu’un de bien après avoir pendant des années insulté et frappé quelqu’un pour son orientation sexuelle ? 
Mais la chose, la chose la plus horrible, est de ne pas être soutenue. De ne pas être soutenue par des gens qui depuis votre naissance vous disent qu’ils vous soutiendront peu importe l’épreuve. Mais èes qu’ils apprennent votre homosexualité, ils vous lâchent, vous délaissent. Ces gens. Ces gens, c’est votre famille. Ma cousine, mon oncle, ma grand-mère, ma mère, mon père m’ont tous déjà dit un mot, une phrase, une réflexion, une insulte par rapport à mon homosexualité.
Des homosexuels ont été et sont encore de nos jours persécutés. Pourquoi sont-ils persécutés ? Juste parce qu’ils aiment quelqu’un du même sexe qu’eux.
Tous les êtres humains ont un point commun, ils éprouvent tous de l’amour. Que ce soit un homme avec une femme, un homme avec un homme ou une femme avec une femme. Ils éprouvent tous de l’amour. 
Ne dit-on pas "peu importe le physique, c’est ce qu’il y a à l’intérieur qui conte" ? Le sexe d’une personne ne fait-il pas partie du physique, comme on dit ?
Papa, maman. Je suis désolée, je suis vraiment désolée. Je suis désolée de ne pas être l’enfant que vous vouliez que je sois. De ne pas te rendre fière de moi, papa. On ne choisit pas d’être lesbienne, gay, bisexuel ou transgenre. La seule chose qu’on choisit est de s’assumer ou pas. Alors, arrête de me regarer plein de mépris et de honte. Ne me vois pas comme une erreur.
J’en ai eu marre de faire semblant, j’ai donc décidé d’être ce que je suis réellement. Ton enfant. Ton enfant est homosexuel. Et alors ?!
Je suis toujours l’enfant que tu as élevé que tu as aimé. Non, tu n’as rien raté du tout. Je ne suis pas une putain d’erreur. Je veux juste vivre ma vie gaiement. Alors je t’en prie, papa, aime-moi comme avant.
L.M.
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J’aimerais vous poser une question.
Savez-vous quel autre être vivant réagit comme les humains ?
De toute la planète, de tout les pays, de tout les habitats naturels possibles et imaginables, nous sommes les seuls a avoir adopté un mode de vie différent. Tous les organismes de cette planète ont contribué à garder un équilibre sur notre environnement, mais nous, nous avons réagi différemment.
Les humains sont les seuls être vivant à avoir adopté le même mode de vie que les virus.
Nous sommes le cancer de ce système planétaire, le traumatisme de cette planète, et nos sociétés sont des tumeurs grandissantes.
Les virus se reproduisent sur une surface jusqu’à en épuiser toutes les ressources, exactement comme nous rasons des forêts remplies d’arbres de 5 mètres pour y construire des immeubles qui en feront le double, nous noircissons la terre avec du goudron, les mers avec du pétrole et le ciel avec de la pollution.
L’être humain a la folie des grandeurs, il veut toujours plus, plus loin, plus haut.
Mais quelque chose nous différencie des virus, quand nous aurons épuisé nos ressources, nous ne pourrons pas contaminer autre chose ; les virus changent de corps, les humains eux, ne pourront pas changer de planète.
L’humain est optimiste uniquement si son intérêt est mis en jeu, on nous informe chaque jour de l’existence de nouvelles planètes habitables, de mondes favorables à la vie et de surfaces où nous pourrions reproduire les mêmes erreurs qu’ici.
Mais malheureusement, le futur que nous idéalisons n’est que le désir d’une réalité illusoire.
Nous avons du mal à accepter que, malgré l’avancement de nos sciences, de nos connaissances, que rien ne nous permettra de vivre autre part que sur la terre quand la tumeur aura atteint la phase terminale.

Je ne veux pas n’avoir à offrir qu’un discours pessimiste et rabâcheur de grande vérité, je veux que vous arrêtiez d’entendre mais que vous m’écoutiez, nous avons la chance de naître sur une planète avec des forêts, des plages de sable blanc, de l’eau, du feu, de l’oxygène, mais quand toutes nos ressources seront épuisées, nous ne pourrons pas changer de terre comme ont change vulgairement une ampoule qui grille.
J’aimerais m’adresser à ma génération, et a toutes celles qui suivront : on a encore quelques années devant nous pour sauver cette terre sur laquelle on dort, sur laquelle on marche, sur laquelle on pense, on a encore quelques années pour faire en sorte que ce que je dis dans mon discours soit faux, et qu’on ne soit pas réduit à des virus qui n’ont été là que pour apporter un cancer à une planète que nous n’avons pas méritée.
L. M. 

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Discours sur la mort
Lundi 5 Janvier 2017.
7h00, je me lève dans l’optique d’aller en cours, je pars réveiller aussi mes petites sœurs.
7h30, je vais réveiller mon père qui nous emmène toutes.
A ce moment là, dans nos vies s’est installé une routine que j’aurais aimé changer mais qu’à l’heure d’aujourd’hui je regrette tellement.
J’entre dans la chambre sans savoir que ce matin d’un lundi banal tout allait basculer. J’allume la lumière et vois mon père dans un état comateux. Nous avons passé la journée dans le service réanimation en attente d’un miracle.
23h00, la mort l’emporta et emporta aussi tous mes sentiments.
Il était la personne qui comptait le plus. Je regrette que la mort l’ai pris aussi tôt et de ne plus pouvoir vivre de beaux moments avec lui.
Ce jour-là c’était lui mais ça aurait pu être moi, mon frère, ma mère ou encore la tienne. Il est encore temps de profiter des siens, allez les embrasser, leur parler avant qu’il ne soit trop tard.
M.I.

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Les attentats terroristes
Un attentat est une action destinée à nuire aux biens ou à la vie d’autrui. On parle généralement d’attentat dans un contexte politique, voire terroriste. Il existe plusieurs types d’attentats mais je vais parler des attentats religieux.
Ce sujet me tient à cœur car je trouve ça très barbare, cela me touche de voir des personnes mortes alors qu’elles n’avaient rien demandé, des familles attristées et dévastées, des personnes inquiètes de ce qu’il peut leur arriver à eux aussi. Je me pose sans cesse la question « Pourquoi ? » Pourquoi les terroristes commentent des attentats et des meurtres ? Pourquoi cette haine gratuite ? Pourquoi s’attaquent-ils à des personnes sans aucune raison ? Après avoir découvert divers attentats mes premières réactions ont été de la peur puis du dégoût.

Peu à peu j’ai compris ce que les terroristes voulaient. Les questions que je me posais avaient finalement une réponse. Les terroristes voulaient et veulent toujours nous faire peur et, pour ma part, ça a marché au début sauf que je me suis rendue compte qu’il ne faut pas leur donner ce qu’ils veulent. Il faut donc combattre notre terreur et montrer qu’on est forts car sinon ils auront gagné.
Après les attentats, j’ai entendu plusieurs rumeurs et discours de personnes qui m’ont déplu.J’ai entendu des personnes qui disaient que les musulmans étaient tous des terroristes. Je n’ai rien contre cette pensée car il est libre à chacun de penser comme il veut. Cela m’a touché car je suis musulmane et j’ai trouvé que c’était injuste de mettre tout le monde dans le même sac alors que j’ai ressenti moi aussi de la peur et de l’incompréhension face aux actes commis par les terroristes, comme tout le monde .
Je tiens aussi à dire que les actes terroristes sont faussement commis au nom de l’Islam et que l’Islam ne cautionne pas ces actes. Il est crucial de faire la distinction entre les masses d’êtres humains musulmans et la minuscule minorité de terroristes musulmans. De plus, il y a aussi des musulmans qui ont été touchés par les attentats : 41 % des victimes de terrorisme sont des musulmans. C’est le but de ces terroristes de créer des amalgames, il ne faut pas tomber dans leur piège.
N.O.

 
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