Denis DIDEROT
Lycée
Marseille - tél : 04 91 10 07 00

Grand Prix Lycéen des Compositeurs

vendredi 9 février 2018, par M. Usseglio, professeur d’italien

REMISE DES VOTES

Grand Prix Lycéen des Compositeurs 2018
Musique Nouvelle en Liberté
Le Grand Prix Lycéen des Compositeurs a pour objectif d’initier les jeunes à la musique contemporaine.

3000 Lycéens de toute la France participent à la 19 ème édition du Grand prix des compositeurs des musiques contemporaines. 120 élèves du Lycée Diderot ont voté pour l’un des artistes en lisse... Après avoir rencontré le musicien Zad Moultaka en décembre dernier, nous avons soigneusement écouté, écrit, dessiné en nous emparant des oeuvres aux programmes.

L’idée : s’approprier cet univers au premier abord étrange.

Le vote des lycéens décernant le "Grand prix des compositeurs des musiques contemporaines" sera dévoilé lors de la journée nationale du GPLC et se déroulera à la Maison de la Radio à Paris en présence des compositeurs qui auront concouru, des
professeurs et des élèves. Le compositeur ayant obtenu le plus suffrages recevra le Grand Prix Lycéen des Compositeurs, assorti d’une commande créée lors de l’édition suivante. .

Découvrir les œuvres en lice cette année : https://www.gplc.musiquenouvelleenliberte.org/edition/2018/

CLASSE(S) Secondes/Premières/ Terminales

VOTE NOMBRE D’ELEVES = 113
LUCA ANTIGNANI NOMBRE DE VOIX = 15
BECHARA EL-KHOURY NOMBRE DE VOIX = 23
ÉRIC MONTALBETTI NOMBRE DE VOIX = 11
ZAD MOULTAKA NOMBRE DE VOIX = 15
BRICE PAUSET NOMBRE DE VOIX = 7
JEAN-BAPTISTE ROBIN NOMBRE DE VOIX = 40
TOTAL DES VOIX = 111

Commentaires des élèves pour les six œuvres

Luca Antignani : Trio del sogno e del gabbiano

L’univers du musicien italien Luca Antignani emmène et transporte la douceur des récits, le calme, la sérénité et le « moins étrange » sous les effets du jeu des rythmes, des hauteurs et des intensités différentes… Peut-être parce que : « c’est une étude sur la vie ». L’aspect mélodieux/mélodique est mis en avant dans les votes des lycéens mais également les sonorités maghrébines ou du moins arabisantes de l’introduction. Sa capacité apaisante est relevée laquelle entraine une litanie entêtante. Le monde du musicien –notent certains autres- se situe ailleurs, parfois au carrefour de la peur et du suspens en contre contre-point à ce qui est dit plus haut.

Bechara El-Khoury : Espaces-Fragmentations, poème symphonique n°6 op. 87

Voyage au bout du bruit et de la fureur, les élèves ont plébiscité, en premier lieu, le choix des titre Orages// Espaces et fragmentations pour les sonorités que l’on y entend dans l’œuvre jouée et en conséquence pour les émotions que l’instrumentation provoque. Par ailleurs et dans la même optique, les votants ont évoqué la capacité de Bechara El Khoury à amener les auditeurs à s’inventer ou se rejouer des histoires personnelles, intimes, rêvées au contact des sonorités de la création. Certains soulignent la beauté formelle que l’on entend dans les B.O de cinéma, une scène d’action dans laquelle : « quelqu’un tue une personne et on attend la chute finale ». D’autres font l’éloge des sonorités agréables et entrainantes. Nombreux louent le côté « inspirant/inspiré », la violence ou l’énergie, la diversité des rythmes rapides et la richesse de l’instrumentation. Ce qui revient le plus souvent et déjà dit précédemment c’est la capacité de projeter son récit personnel dans la symphonie instrumentale. On est au cœur des émotions retentissantes, au cœur même des orages existentiels que sont l’angoisse, la peur, l’absurdité, la mort. Univers intriguant qui ne laisse pas insensible.

• Éric Montalbetti : Un herbier pour la vie - III : Bicinium

L’œuvre au violoncelle d’ Eric Montalbetti a su séduire les votants pour sa douceur, pour son ambiance cinéphile « en noir et blanc »… pour le voyage qu’elle procure… un voyage au cœur du danger, dans sa capacité à créer un univers étrange et perturbant. Reviennent souvent dans les commentaires : la voix du violoncelle, la force de l’instrument, sa tranquillité mélodieuse qui fait réfléchir sur nos vies, pour sa mélancolie qui fait du bien de temps en temps et rend l’atmosphère à la fois calme et apaisante… Et parce qu’aussi le violoncelle s’inspire d’histoires tragiques et dramatiques. La maîtrise de l’instrument et la construction musicale sont mis en exergue par certains auditeurs éclairés.

.Zad Moultaka : Maadann - N° IV à VII : « il Stagno, l’Argento, l’Oro, il Mercurio »
Les votants ont mis en exergue la multiplication de mélodies riches et diversifiées, fomentant des sentiments mêlés, des perceptions différentes qui permettent de pénétrer facilement l’univers du musicien. Dans le monde de Zad Moultaka, on est également enfermés dans une dimension parallèle, on plonge dans l’ailleurs. Les choses ne se passent pas normalement, enfin pas comme prévues : « des prisonniers tentent de fuir mais rien n’y fait, un vieil homme se moque de nous de manière cyclique »... L’idée originale et originelle de vouloir représenter les métaux par des voix humaines donne à la pièce une magie musicale. Certains notent une teneur comique, provoquée par les changements de ton et par les vitesses ou les rythmes diversifiés. Les voix différentes établissent des rebondissements bien à propos « entre joie ou tristesse »et amènent à la pensée et à l’étude par l’intermédiaire des récits alchimistes du Moyen Age.

Brice Pauset : Das Dornröschen, N° III à VII

Les commentaires, qui reviennent de manière récurrente, sont le côté sombre et les mystères, « l’alchimie » des voix, le suspens suspendu au déroulement de la pièce musicale. Mais aussi le côté énergisant et spirituel, l’emportement que l’œuvre suscite. Le côté mystérieux est également cité et par extension sa capacité à générer de la peur, de l’oppression et de l’intrigue. Cela pousse au questionnement sur l’action qui est en jeu dans l’œuvre interprétée.

Jean-Baptiste Robin : Mechanic Fantasy

Triste futuriste et magique. Jean Baptiste Robin a su emporter une majorité de suffrages avec sa fantaisie mécanique. Musique inspirante et univers fantastique sont les leitmotivs dans les commentaires. La succession des rythmes enjoués est mis en avant. On y consent des tonalités joyeuses, se réveillent des émotions positives qui offrent l’impression du voyage à la recherche du temps et des horloges, détachant l’humain des réalités, l’entrainant loin « dans des couloirs aux mille chemins possibles-tout en l’accompagnant de ses parts de mystère ». Les élèves - sans le savoir vraiment évoquent Proust et les impressions obscures de la mémoire : sons faisant écho aux tympans des églises, une approche mélodique qui ne fait pas peur... Certains évoquent le côté épique et symphoniques des jeux numériques des combats intenses et des mille sensations.
Sont également loués la richesse de l’instrumentation, les sentiments fantasques qui s’en dégagent, une sa singularité plurielle avec la douceur des notes parfois ou à l’opposé sa violence, son étrangeté due aux rythmes entrainants, aux tempos, au chemin mélodique porteur de rêves, au côté joyeux qui génère des histoires que l’on se raconte à soi-même. Enfin le lien évident entre la thématique et le titre interpelle. Il y a quelque chose de « vivant », « de l’imprévisible, de l’intrigant » ou d’une vie rêvée dans cette Fantaisie mécanique, ce qui semble avoir séduit les auditoires du lycée Diderot.

 
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